Dans de nombreux ALSH, prendre des photos en ALSH reste une pratique encadrée à l’oral, répétée vaguement en début de saison, puis vite oubliée au fil des semaines. Chaque animateur fait alors « comme il sent » : l’un utilise son téléphone personnel, l’autre photographie des zones qu’il ne devrait pas, un troisième garde des clichés sur son appareil bien après la fin du séjour.
Cette absence de cadre écrit expose la structure et les équipes à quelque chose de délicat à gérer au quotidien. Cet guide ne revient pas sur le droit à l’image ni sur la manière de réussir une photo : il propose une méthode pour transformer des consignes orales éparses en une charte photo écrite, remise à chaque animateur, qui encadre concrètement l’appareil photo, les zones, le tri et la formation. Ce travail de structuration s’inscrit dans l’organisation plus large du pôle enfance jeunesse, dont la mission est justement de sécuriser l’accueil des enfants tout en facilitant le quotidien des équipes. Pour aller plus loin, Prise de photos en alsh.
Pourquoi formaliser une charte photo plutôt que des consignes orales
Quand un animateur rejoint l’équipe en cours de saison, personne ne pense toujours à lui répéter les mêmes règles, et chacun finit par appliquer sa propre interprétation de ce qui est permis ou non, faute de quelques idées claires transmises dès le départ.
Le turnover des équipes d’animation aggrave ce phénomène : saisonniers, stagiaires BAFA et vacataires se succèdent, et il devient impossible de garantir une information homogène sans support écrit à proposer aux enfants comme aux encadrants.
Une charte photo évite de tout reformuler oralement à chaque arrivée et sert de référence commune pour les enfants dès leur accueil, consultable à tout moment par n’importe quel membre de l’équipe.
Pour le directeur, l’intérêt dépasse la simple organisation quotidienne liée à prendre des photos en ALSH.
En cas d’incident — une photo diffusée à tort, un smartphone personnel utilisé sans autorisation — pouvoir montrer qu’une consigne claire et signée existait, assortie de quelques conseils précis, change la nature de la responsabilité engagée : c’est l’animateur qui n’a pas respecté une règle écrite et connue, et non la structure qui n’aurait rien prévu.
La charte devient alors une pièce de gouvernance interne, bien au-delà des seules activités créatives qu’elle encadre, et non un simple rappel de bon sens.
Elle joue aussi un rôle d’harmonisation : tous les animateurs appliquent les mêmes règles, quel que soit le groupe d’âge encadré ou l’activité menée, de la sortie nature au moment unique d’un atelier créatif. Intégrée au livret d’accueil de l’équipe, elle facilite également l’intégration des nouveaux arrivants et des stagiaires, qui n’ont ainsi pas peur de bouger sans repère écrit dès leur premier jour.
Pour rester efficace, une charte photo doit cependant demeurer courte et concrète, utile dès les premières photos prises sur le terrain : un document juridique dense, noyé dans des pages de texte, ne sera jamais lu ni appliqué sur le terrain.
Ce que la charte doit cadrer : matériel, zones, moments et personnes
Quatre axes structurent toute charte photo destinée à encadrer la prise de vue en centre de loisirs : le matériel utilisé, les zones concernées, les moments adaptés et les personnes habilitées à prendre des photos en ALSH.
Le matériel d’abord : la charte précise quel appareil utiliser en priorité, celui fourni par la structure, et quel est le statut du smartphone personnel de l’animateur, en général à proscrire ou à encadrer très strictement, pour éviter de raconter une histoire incontrôlée à travers des clichés dispersés. Elle indique aussi qui a accès physiquement à cet appareil et à quel moment de la journée, dans la construction de l’histoire à travers laquelle le centre documente son activité.
Les zones doivent ensuite être listées noir sur blanc : sanitaires, dortoirs, vestiaires et infirmerie figurent parmi les lieux où la photo est interdite ou soumise à une restriction stricte, tandis que les espaces d’activité, les sorties et les temps forts autour du séjour constituent des zones où la prise de vue reste possible dans le respect des autres règles. Ce travail de cadrage rejoint les spécificités de la prise de photos en ACM, qui imposent une vigilance particulière selon le type d’accueil et l’âge du public.
Les moments concernés méritent la même précision : les activités, les ateliers et les sorties se prêtent naturellement à la photo, alors que les repas, lorsqu’ils peuvent gêner certains enfants ou leur famille, les temps calmes ou les moments de conflit entre enfants doivent être exclus du champ de la prise de vue.
Enfin, la charte doit indiquer qui a le droit de photographier : en général des animateurs désignés comme photographe, et non l’ensemble des encadrants, avec un rappel systématique de la liste des enfants non autorisés par leurs parents à être photographiés, à consulter avant toute activité impliquant un appareil. Le cas des intervenants extérieurs et des stagiaires, lorsqu’il s’agit pour eux de prendre des photos en ALSH, mérite également d’être précisé dans ce même bloc.
Les 8 consignes à écrire noir sur blanc pour les animateurs

Utiliser uniquement l’appareil fourni par la structure, jamais le smartphone personnel, sauf dérogation écrite du directeur pour une situation précise et identifiée, afin de garder la maîtrise des images produites. Vérifier avant toute sortie ou activité la liste des enfants non autorisés à la photo, issue des autorisations parentales, et s’assurer de ne jamais les cadrer, même en arrière-plan d’un groupe ou près d’un animal.
Ne photographier que pendant les temps identifiés comme « photographiables » sur le planning d’activité, jamais pendant les soins, le change, les sanitaires ou le sommeil, ni en braquant l’appareil sur des objets ou des affaires personnelles des enfants.
Ne jamais isoler un enfant seul en gros plan sans raison pédagogique claire : privilégier les photos de groupe ou d’activité, qui racontent un moment collectif plutôt qu’un portrait individuel, comme on le ferait à la maison en famille.
Ne pas commenter, légender ni partager un cliché avec qui que ce soit — collègues, parents, réseaux sociaux personnels — avant qu’il n’ait suivi le circuit de validation prévu par la structure, quelle que soit l’occasion de prendre des photos en ALSH.
Transférer les photos prises sur le support désigné, carte mémoire remise au directeur ou dossier partagé interne, en fin de journée, sans les conserver sur l’appareil ou un téléphone au-delà de ce délai.
Signaler immédiatement toute photo problématique au directeur, qu’il s’agisse d’un enfant identifié par erreur, d’une scène gênante ou d’une zone sensible photographiée par inadvertance, plutôt que de la supprimer soi-même sans en informer la hiérarchie — ce réflexe permet aussi de garder une trace du signalement qu’on pourra consulter si besoin. Enfin, ne jamais prendre de photo impliquant des enfants accueillis en dehors du cadre de la mission, par exemple pendant une pause personnelle ou hors de la structure.
Cette liste constitue un socle à adapter : certaines structures ajouteront des consignes propres à la piscine, aux sorties en pleine nature ou aux mini-camps, où photographier un objet trouvé lors d’une chasse au trésor n’appelle pas les mêmes précautions que photographier un enfant en situation de change.
Tri, stockage et suppression : les règles de fin de journée et de fin de séjour
Le cycle de vie des photos une fois prises constitue un volet souvent absent des consignes orales, alors qu’il concentre une partie importante du risque. L
a règle du transfert quotidien doit désigner clairement qui récupère les clichés en fin de journée — le directeur ou un référent communication — sur quel support sécurisé, et prévoir la suppression immédiate de la carte mémoire ou du téléphone de l’animateur une fois le transfert effectué, dès lors qu’il s’agit de prendre des photos en ALSH.
Le tri qui suit doit lui aussi être attribué à une personne précise, en général le directeur ou un référent désigné, selon des critères simples : flou, doublons, enfants non autorisés visibles parmi les images, ou zones sensibles apparues par inadvertance dans le cadre.
Ce tri intervient systématiquement avant toute diffusion aux familles. Il s’inscrit dans le principe de minimisation posé par le RGPD, qui impose de ne conserver que les données nécessaires à la finalité poursuivie et de supprimer le reste sans délai inutile.
En fin de séjour ou de saison, une purge des supports de travail doit être organisée, avec vérification qu’il ne reste aucune photo qu’on aurait oublié d’effacer sur un appareil ou un support individuel.
Les clichés conservés pour la structure font l’objet d’un archivage limité dans le temps, dont les modalités précises relèvent des durées de conservation des photos définies par chaque organisateur. Le cas des animateurs qui quittent la structure mérite un rappel explicite dans la charte : les photos prises dans le cadre professionnel ne leur appartiennent pas, pas plus qu’à leur famille, et ne doivent jamais rester sur un appareil personnel après leur départ.
Former l’équipe à la charte : format court, rappel en réunion, émargement
La formation de l’équipe conditionne l’application réelle d’une charte destinée à encadrer la pratique consistant à prendre des photos en ALSH, bien plus que sa seule rédaction.
Le document doit être remis lors de la réunion de préparation du séjour ou de l’accueil, avant toute prise de poste et toute prise en main de l’appareil photo, jamais distribué « en passant » au milieu de la saison lorsqu’un problème a déjà eu lieu.
Son format doit rester volontairement court : une page recto, lisible en quelques minutes, plutôt qu’un document de plusieurs pages noyé dans le livret d’accueil général où personne ne ira le relire.
Faire signer chaque animateur en fin de réunion permet de conserver les émargements dans le dossier de l’équipe, comme on le ferait pour tout engagement formel, preuve que l’information a bien été diffusée et comprise par chacun.
Un rappel oral ponctuel lors des réunions d’équipe hebdomadaires, ou dès qu’un écart est observé sur le terrain, évite d’attendre la saison suivante pour corriger une pratique qui dérape.
La charte doit aussi être intégrée systématiquement au parcours d’intégration des stagiaires BAFA et des animateurs recrutés en cours de saison, pour qui prendre des photos en ALSH représente une première expérience professionnelle sans carte de repère préalable. Une révision annuelle du document reste recommandée, en particulier si le matériel change, si une nouvelle pratique numérique apparaît, ou après un incident qui révèle un point que la charte ne couvrait pas encore.
Modèle de charte photo à adapter (structure de document)
Une structure de document type aide le directeur à rédiger sa propre charte pour encadrer la pratique consistant à prendre des photos en ALSH sans partir d’une page blanche, à condition de la considérer comme un exemple à adapter et non comme un modèle juridique figé. L’en-tête mentionne le nom de la structure, la saison concernée, ainsi que le nom et la fonction du rédacteur chargé de superviser l’usage des images, généralement le directeur de l’ALSH.
1/ Un premier bloc énonce l’objectif de la charte en quelques lignes : encadrer la prise de photo pendant l’accueil, protéger à la fois les enfants et les animateurs.
2/ Un deuxième bloc précise le matériel autorisé, en listant les appareils appartenant à la structure et le statut réservé au smartphone personnel.
3/ Le troisième bloc reprend les huit consignes numérotées détaillées plus haut, qu’on peut éventuellement compléter selon les spécificités du centre.
4/ Un quatrième bloc décrit le circuit de transfert et de suppression des photos : qui intervient, à quel moment, selon quelles modalités. Un cinquième bloc rappelle les conséquences en cas de non-respect de la charte, en cohérence avec le règlement intérieur de la structure, qu’il s’agisse d’un simple rappel à l’ordre ou d’une procédure plus formelle.
Le document se termine par un espace de signature et de date pour chaque animateur.
Cette structure reste un exemple de squelette à adapter selon le règlement intérieur, le public accueilli et l’organisation propre à chaque ALSH, idéalement avec l’appui de l’organisateur ou d’une fédération d’éducation populaire.
Elle gagne aussi à rappeler, en quelques lignes, les principes de la publication responsable des photos une fois les clichés validés et destinés aux familles.
Au-delà du document lui-même, cette démarche replace prendre des photos en ALSH dans une logique de responsabilité partagée entre direction et équipe d’animation. Une charte bien construite ne remplace jamais le bon sens professionnel, mais elle lui donne un cadre écrit, vérifiable et opposable, qui protège autant les enfants que les animateurs eux-mêmes lorsqu’une situation délicate survient sur le terrain.
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✅ Essayez gratuitementLa charte photo doit-elle être annexée au règlement intérieur de l'ALSH ?
Ce n'est pas une obligation, mais c'est recommandé : annexer la charte au règlement intérieur lui donne plus de poids et facilite son application en cas de manquement, puisqu'elle devient un document de référence connu de toute l'équipe dès la signature de son contrat ou de sa convention de stage.
Qui conserve l'original des chartes signées par les animateurs ?
Le directeur de l'ALSH conserve généralement les émargements et chartes signées dans le dossier administratif de l'équipe, au même titre que les autres documents RH du séjour, afin de pouvoir les présenter à l'organisateur ou en cas de besoin lors d'un contrôle interne.
Comment adapter la charte photo pour un mini-camp ou un séjour avec hébergement ?
Un mini-camp ajoute des zones et moments spécifiques à cadrer dans la charte, comme les douches, les tentes ou dortoirs partagés et les temps de veillée, qui n'existent pas forcément dans un accueil à la journée et méritent des consignes propres au contexte de l'hébergement.
La charte photo doit-elle prévoir le cas des photos prises par les familles lors des événements ouverts ?
La charte s'adresse aux animateurs et ne couvre pas les parents, mais elle peut renvoyer vers une information distincte diffusée aux familles lors des temps ouverts au public, afin d'éviter toute confusion entre les règles internes à l'équipe et celles applicables aux visiteurs.
Faut-il prévoir un référent photo unique dans l'équipe d'animation ?
Désigner un référent photo, souvent l'animateur chargé de la communication ou l'adjoint de direction, facilite l'application de la charte : il centralise le transfert quotidien, assure le tri et devient l'interlocuteur naturel en cas de doute sur une situation photographiée.
FAQ sur « prendre des photos en ALSH »
- Qui doit signer la charte sur prendre des photos en ALSH ?
- Un animateur peut-il utiliser son smartphone personnel pour prendre des photos en ALSH ?
- Faut-il une charte différente pour chaque tranche d’âge quand on autorise à prendre des photos en ALSH ?
- La charte sur prendre des photos en ALSH remplace-t-elle l’autorisation parentale de droit à l’image ?
- Que faire si un animateur ne respecte pas la charte sur prendre des photos en ALSH ?
- Quel matériel utiliser pour prendre des photos en ALSH en toute sécurité ?
- Comment organiser le tri des clichés après une journée de prendre des photos en ALSH ?
- Peut-on filmer un enfant comme preuve de son comportement en ALSH ?
- Quelles zones sont interdites quand on va prendre des photos en ALSH ?
- Comment former les stagiaires BAFA à prendre des photos en ALSH ?
En complément : informations officielles sur les accueils collectifs de mineurs

